Inde Express

A propos d'Inde et d'ailleurs

18 mars 2008

Réponse du Dalaï Lama aux accusations chinoises

Le Dalaï Lama, chef spirituel et porte parole des Tibétains en exil, a répondu aux accusations des Chinois qui affirment avoir des "preuves" que les émeutes actuelles ont été préméditées et soigneusement orchestrées. Il affirme n'avoir aucun contrôle de la situation: "Si les choses échappent à tout contrôle, alors la seule solution pour moi sera de démissionner." C'est ce qu'il avait déjà confié à la BBC il y a quelques jours. Il a aussi ajouté qu'il n'était pas en faveur d'un boycott des JO de Pékin, qu'il n'était pas le maître des Tibétains. Il avait aussi dénoncé le "génocide culturel" dont les Chinois se rendaient coupables à Lhassa.

Il a aussi exhorté ses compatriotes au calme et a condamné les "sentiments antichinois." Il a nié toute ambition sécessionniste mais a affirmé souhaiter  une autonomie culturelle.

source: www. lemonde.fr

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17 mars 2008

Petit point presse

Lundi 17 mars 2008 à 21 heures.

Les violences s’aggravent au Tibet.

Des émeutes d’une rare violence se poursuivent au Tibet. A cinq mois du début officiel des Jeux Olympiques de Pékin,  c’est le pire soulèvement que le territoire ait connu depuis 1989.

Ces dernières heures, les évènements semblent se précipiter. L’Indian Express souligne que l’ultimatum chinois arrive à expiration à minuit. Passé ce délai, les manifestants devraient affronter leur « punition. » Le quotidien anglophone indien évoque 10 nouveaux morts ce jour.

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Les chiffres sont une autre source de querelle entre les Tibétains et les autorités chinoises. Le Guardian indique que ces dernières consentent au mieux 13 morts, « des civils innocents », depuis le début des émeutes. L’accès au Tibet devrait devenir de plus en plus difficile au cours des heures à venir. Le journal britannique affirme que les journalistes sont expulsés du territoire. L’armée est aussi chargée de « boucler hermétiquement » la zone.

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La Libre Belgique, pour sa part, souligne la réticence des Occidentaux à prendre des mesures contre une Chine, désormais membre permanent de l’Onu et  de plus en plus active sur le plan international. Ceci n’empêche pas la Commission européenne de se déclarer « très inquiète »

Eberhard Sandchneider, chercheur à la Société allemande de politique étrangère (DGAP), met en exergue « les conséquences, politiques et économiques » auxquelles la communauté internationale aurait à faire face en cas d’ingérence dans « les affaires internes chinoises .»

En Chine, on se montre plutôt confiant sur l’issue de la situation. Le quotidien anglophone, China Daily, dénonce la « clique » du Dalaï-lama et leurs manœuvres « sécessionnistes »  qui sont de toute façon « vouées à l’échec »

http://www.lalibre.be/actu/monde/article/408935/le-tibet-embarrasse-les-occidentaux.html

http://www.indianexpress.com/story/285244.html

http://www.guardian.co.uk/world/2008/mar/17/tibet.china1

http://www.chinadaily.com.cn/china/2008-03/17/content_6540366_2.htm

PS: si vous avez des soucis de traduction, n'hésitez pas à me demander.

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Une brève histoire du Tibet 1

Pour répondre à la question, le Tibet est aujourd'hui intégrée à la République populaire de Chine mais, bénéficie d'un statut de région autonome.

Pour comprendre ce qui se passe maintenant, il faut se plonger dans le passé de ces deux pays. En effet, ils entretiennent des relations complexes depuis quelques siècles.

Tout commence au 11ème/12ème siècle au Tibet. Les chefs religieux jugèrent utile de se lier avec la noblesse et d'établir un statut de "religieux-protecteur". Le moine et l'aristocrate se promettaient ainsi assistance mutuelle en cas de besoin: un mariage de raison en somme comme l'histoire en a connu beaucoup.

Au fil du temps, les religieux eurent besoin de protecteurs de plus en plus en puissants. La Chine entre en scène au 13ème siècle. A cette époque, la dynastie Yuan domine l'empire. Les Sakyapas, grande dynastie spirituelle tibétaine, trouvent le soutien qu'ils cherchent auprès des souverains Yuan. Ces relations privilégiées devaient perdurer avec des périodes de flottement.

C'est au cours de l'une de celles-ci en 1642 que les Dalaï-lama firent leur apparition. Peu après, le haut-plateau et l'empire virent leurs liens devenir plus étroits. En 1653, le chef spirituel du Tibet devint l'hôte des Chinois.

Dès lors l'ingérence de la Chine dans les affaires internes du haut-plateau devait devenir de plus en plus importante.

(à suivre)

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15 mars 2008

100 morts au Tibet

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Le gouvernement tibétain en exil fait état de 100 morts lors des mouvements de protestation au Tibet contre la politique chinoise qui ont eu lieu ces derniers jours. Evidemment, les chiffres n'ont pas été confirmés par les autorités. Pourquoi parler du Tibet sur un blog qui ambitionne de parler d'Inde? Déjà parce que ce fameux gouvernement en exil  se trouve à Dharamsala, dans le nord de l'Inde. Je vous propose donc aujourd'hui de nous intéresser à peu à ce tout petit pays au coeur de l'actualité depuis les années 60.

Le Tibet: c'est où?
Le territoire se trouve coincé entre la Chine, L'Inde, le Népal, le Bhoutan et le Myanmar (ex-Birmanie)
Sa superficie est de 2 500 000 km2.
On estime à 6 000 000 de Tibétains qui vivent encore au Tibet.

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Le Tibet: c'est quoi?
C'est là que les problèmes commencent...
(à suivre)

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19 février 2008

Premiers résultats des élections au Pakistan

Le Génaral Musharraf a reconnu sa défaite aux élections législatives.

"le PPP (Parti du peuple pakistanais), la formation emmenée par le veuf de Benazir Bhutto, Asif Ali Zardari, en tête, avec 85 sièges, suivi par la PML-N de Nawaz Sharif (64 sièges), loin devant la PML-Q de Pervez Musharraf (36 sièges) et son traditionnel allié le MQM (19 sièges)"

Extrait d'une dépêche AFP.

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18 février 2008

Fatima

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Libération a publié aujourd'hui un portrait de Fatima Bhtto, nièce de la défunte Benazir, à qui beaucoup prédisent un  avenir très politique.

http://www.liberation.fr/transversales/portraits/310576.FR.php

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17 février 2008

Un petit blog qui deviendra grand!

Vous ne le savez sand doute pas mais en dehors du grand pays de mes origines, j'ai un autre centre d'intérêt: l'environnement. Une petite équipe de blogueurs, dont votre bien dévouée fait partie, vous invite à découvrir :

http://lavieenvert.blog.lemonde.fr/

J'espère que vous y trouverez des lectures aussi plaisantes qu'instructives. Dans la foulée, je vous propose de découvrir un autre blog sur le sujet:

http://chindiaetl-environnement.blog.20minutes.fr/

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16 février 2008

Le Parti du Peuple Pakistanais survivra-t-il à Benazir Bhutto ? (fin)

Des élections libres ?

Le véritable test pour le PPP et le triumvirat sera celui des urnes. Les prochaines élections législatives sont prévues pour le 18 février. Or le PPP ne faisait pas partie des favoris avant la mort de Benazir Bhutto. Selon Nirupama Subramanian, « l’opinion publique, ici, pense que le PPP ne pourra pas survivre longtemps avec Zardari à sa tête, surtout s’il ne remporte pas le scrutin. Tout dépendra donc de la façon dont il va mener sa campagne. » Tout reste donc à faire.

Dans tous les cas, la présence d’Asif Zardari deviendra problématique à plus long terme. Ses relations avec les militants du PPP sont loin d’être au beau fixe comme le souligne Nirupama Subramanian : « il fait ce qu’il faut à l’heure actuelle mais il n’est pas du tout apprécié au sein du PPP ». Cette désaffection est de notoriété publique depuis 2004. À sa sortie de prison cette même année, il avait déjà tenté de prendre la direction du parti. Toujours selon Nirupama Subramanian, « la rumeur prétendait que Benazir Bhutto avait passé à cette époque un accord avec le Président Musharraf. Elle aurait accepté l’exil en échange de la libération de son mari. Elle aurait, alors, cédé les rênes du PPP à Zardari. La majorité des militants s’est violemment opposée à sa candidature. Asif Zardari a dû abandonner et est parti vivre à New York pendant quelques temps. »

La formation pourrait bénéficier d’un élan de sympathie qui lui assurerait une majorité relative à défaut d’une victoire écrasante à condition que les élections « soient totalement libres, » souligne Jean-Luc Racine. Ce dernier est persuadé que « le trio actuel peut fonctionner pour gagner les élections mais quid après ? » On en est encore à l’heure des suppositions. Cependant, les opinions convergent pour estimer qu’en cas de victoire du PPP, une coalition devra de toute façon être envisagée. Pour les partenaires, deux options sont possibles : soit avec des petits partis régionaux, promesse d’une stabilité temporaire, soit avec la formation de Nawaz Sharif, la Pakistan Muslim League, qui risque d’être encore moins durable.

Pour le PPP, les mois à venir seront donc cruciaux. Pour Asif Zardari, ce sera le moment de vérifier s’il a l’envergure de l’héritier politique de Benazir qu’il prétend être. Et pour Bilawal ? Dans l’immédiat, il semblerait qu’il soit effectivement retourné à ses études. Il dispose d’une très forte côté de popularité sur Facebook où les groupes d’admirateurs et surtout d’admiratrices se multiplient. CNN-IBN indiquait qu’à son retour dans cinq ans, il n’aurait aucun mal à obtenir son premier mandat de député tout en récupérant la direction du parti. Un nouveau leader pour une autre direction ? Que signifiera le slogan historique de son parti : « du pain, des vêtements et un toit » pour un jeune homme qui aura passé la majeure partie de son existence éloigné à la fois du pays qu’il est censé diriger un jour et de sa réalité ?

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15 février 2008

Le Parti du Peuple Pakistanais survivra-t-il à Benazir Bhutto ? (suite)

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Bilawal le pantin.

C’est au tour de Bilawal de prendre la parole. L’étudiant d’Oxford s’exprime dans un anglais à l’accent plus britannique que local : « Je remercie le comité électoral de m’avoir fait confiance. Comme tous les autres dirigeants du PPP avant moi, je serai le symbole de la Fédération. Notre longue histoire de lutte politique va se poursuivre avec une vigueur renouvelée. Ma mère a toujours déclaré que la démocratie était la meilleure des vengeances. » La dernière phrase a été prononcée avec plus d’éloquence que les autres.

« Vengeance », c’est un mot souvent lu et entendu au cours des jours qui ont suivi la mort de Benazir Bhutto. N’oublions pas que le Pakistan est encore un pays largement composé de populations rurales et où le taux d’alphabétisation ne dépasse pas 50%. La loi tribale donne souvent lieu à une justice sommaire dénoncée régulièrement par Amnesty International. En choisissant avec soin son vocabulaire, on comprend qu’en dépit de sa jeunesse, le nouveau leader a déjà acquis une certaine maîtrise du métier.

Pourtant, on peut s’interroger sur la réalité du pouvoir détenu par l’actuel Président du parti. «Dans quelques années, il est parfaitement possible, bien sûr, que Bilawal soit amené à exercer pleinement son rôle au sein de ce qui restera du PPP à ce moment-là, mais pour l’heure, c’est un pantin,» affirme Mahir Ali. Yunas Samad, lui, pense plutôt que le jeune homme « est préparé à son futur rôle par son père comme le sont Rahul ou Priyanka par leur mère Sonia Gandhi. »

Première initiative du Président du PPP: convoquer une conférence de presse à Londres le 8 janvier. Il y apparaît souriant, presque charmeur. Il porte un costume occidental noir. Un châle pakistanais recouvre ses épaules. Il demande à tous, journalistes et partisans, de le laisser étudier en paix et de respecter sa vie privée. Depuis, il n’a plus fait aucune apparition publique.

Déjà des tensions.

La succession telle qu’elle a été voulue ne satisfait pas pour autant tout le monde. Le PPP a toujours été la chasse gardée de la famille Bhutto. Il aurait pu y avoir, néanmoins, un autre candidat issu du parti lui-même : Aitzaz Ahsan. Jean-Luc Racine le décrit comme « une figure importante incarnant une véritable opposition au Général Musharraf ». Il a confirmé son potentiel lorsqu’il s’est associé au mouvement de protestation des avocats en 2007. Cependant, Benazir Bhutto avait pris ses distances avec lui car « sa montée en puissance la rendait nerveuse », affirme Nirupama Subramanian, correspondante au Pakistan pour le quotidien indien anglophone The Hindu.

L’autre problème, ce sont les Bhutto eux-mêmes. De cette grande dynastie, ne subsistent que deux héritiers directs : les deux enfants de Mir Murtaza Bhutto, frère aîné de Benazir, mort en 1996. Les circonstances de son décès n’ont pas été encore complètement clarifiées.  L’homme s’était lancé en politique en 1993 et était connu pour être l’un des plus farouches opposants à sa cadette. Ce 20 septembre, Murtaza Bhutto rentre chez lui en compagnie de six de ses partisans lorsque la police leur tire dessus. Il succombera peu de temps après. Sa sœur effectue son second mandat en tant que Premier Ministre. Sa veuve, Ghinwa Bhutto, a toujours accusé le couple Zardari d’être complice dans cet assassinat. Elle semble avoir élevé Fatima, 25 ans, et Zulfikar Ali Junior, 17 ans, dans une certaine rancœur vis-à-vis du reste de la famille.

De la fratrie, la sœur est celle qui se pose, pour le moment, en successeur potentiel. Auteur et journaliste, elle a fait connaître son mécontentement dans la presse du monde entier à l’issue de la nomination de Bilawal. Dans le quotidien britannique The Times, elle traite son cousin de « meuble de famille ». Elle dispose déjà d’un certain soutien au sein de l’opinion publique pakistanaise : jeune, jolie, vierge de tout scandale politique, elle ressemble à Benazir au même âge. Mahir Ali est catégorique : « il est difficile d’imaginer comment elle pourrait représenter une véritable menace pour le clan Zardari, du moins pour le moment. »  Pourtant la fronde ne se calmera pas dans l’immédiat. « Les Bhutto ne lâcheront pas le pouvoir », ajoute Jean-Luc Racine. Il y a donc de fortes chances pour que ces luttes fratricides perdurent au-delà de la génération actuelle.

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14 février 2008

Le Parti du Peuple Pakistanais survivra-t-il à Benazir Bhutto ? (suite)

Un triumvirat unique

Lors de la conférence de presse organisée pour l’occasion, Bilawal est assis entre son père, Asif Ali Zardari, et un autre homme, Makhdoom Amin Fahim. Son père prend la parole pour annoncer qu’il a souhaité réaliser le rêve de sa défunte épouse en installant leur fils à la tête du parti. Il précise que désormais, Bilawal ne sera plus seulement Bilawal Zardari mais Bilawal Bhutto Zardari. Ce changement de patronyme pourrait sembler juste anecdotique. Il n’en est rien. En Asie du Sud, un nom peut faire toute la différence. Et celui de Bhutto, encore plus. Pour preuve, à cette annonce, les militants du PPP laissent éclater leur joie.

Le discours se poursuit. C’est un moment unique dans l’histoire du pays. Bilawal repartira en Angleterre pour terminer ses études pendant qu’Asif Zardari assurera l’intérim. Makhdoom Fahim, qui a dirigé le parti durant l’exil de Benazir Bhutto, deviendrait Premier Ministre en cas de victoire du PPP aux prochaines élections prévues pour le 18 février. « C’est la preuve que le parti a trouvé le moyen de faire face à la mort de Benazir rapidement. C’est ce qui s’est passé en Inde après la mort d’Indira Gandhi quand son fils Rajiv a pris sa succession à la tête du parti du Congrès. La seule différence est que Bilawal n’était pas réellement actif au sein du PPP avant sa prise de fonction » observe Jean-Luc Racine, directeur de recherche au CNRS et spécialiste de l’Asie du Sud. Pour ce dernier, « jouer la carte dynastique est caractéristique de cette région ».

Pourquoi Asif Zardari n’a-t-il pas pris lui-même les rênes du PPP au lieu de jouer les seconds rôles ? « Il traîne derrière lui quelques casseroles, » précise Jean-Luc Racine. C’est un euphémisme. En effet, le veuf de Benazir Bhutto a longtemps été affublé du surnom de « Monsieur 10% », en référence aux accusations de corruption qui ont été régulièrement lancées à son encontre. « Même s’il n’y a jamais eu de preuves concrètes, les rumeurs, elles persistent », souligne Mahir Ali, journaliste pakistanais au Dawn, le principal quotidien anglophone du pays. Il évoque aussi des propriétés acquises par le couple en Grande-Bretagne dont le financement reste, à ce jour, encore obscur. En se mettant en retrait, « il continue de disposer d’influence et de pouvoir au sein du PPP tout en prétendant poursuivre l’action de son épouse » affirme Yunas Samad, professeur de Sciences Sociales à l’Université de Bradford en Grande-Bretagne

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