05 décembre 2006
Andre Beteille

Andre Beteille est un sociologue et écrivain indien. Il est né d'une père français et d'une mère bengalie. Il a été élevé en Inde.
Il s'est particulièrement illustré dans l'étude des castes d'Inde du sud. Il a eu une très longue carrière universitaire qui lui a permis d'enseigner à Oxford, Cambridge, Chicago, à la London School of Economics. Il a occupé son dernier poste à New Delhi avant de prendre sa retraite en 2003.
En 2005, il a été nommé membre du "National Knowledge Commission" (Commission pour la Connaissance Nationale) par le Premier Ministre indien, Manmohan Singh. En 2006, il a démissionné pour protester contre l'augmentation des quotas de places réservées aux castes les plus basses et aux Intouchables dans l'enseignement supérieur.
Bibliographie.
Sociology: Essays on Approach and Method, Oxford University Press, 2002.
Antinomies of Society: Essays on Ideologies and Institutions, Oxford University Press, 2000.
Chronicles of Our Time, Penguin Books, 2000.
The Backward Classes in Contemporary India, Oxford University Press, 1992.
Society and Politics in India: Essays in a Comparative Perspective, Athlone Press, 1991 (L.S.E. Monographs in Social Anthropology, no. 63).
The Idea of Natural Inequality and Other Essays, Oxford University Press, 1983 (new, enlarged edition, Oxford University Press, 1987).
Inequality Among Men, Basil Blackwell, 1977 (Italian edition published as La diseguaglianza fra gli uomini, Il Mulino, 1981).
Studies in Agrarian Social Structure, Oxford University Press, 1974.
Six Essays in Comparative Sociology, Oxford University Press, 1974 (enlarged edition published as Essays in Comparative Sociology, Oxford University Press, 1987).
Inequality and Social Change, Oxford University Press, 1972.
Castes: Old and New, Essays in Social Structure and Social Stratification, Asia Publishing House, 1969.
Caste, Class and Power: Changing Patterns of Stratification in a Tanjore Village, University of California Press, 1965.
Quelques citations:
"The Indian intelligentsia has somewhat mixed attitudes towards the Indian village. While educated Indians are inclined to think or at least speak well of the village, they do not show much inclination for the company of villagers."
(L'élite indienne a une attitude quelque peu mitigée vis-à-vis des villages en Inde. Si les Indiens éduqués aiment à parler ou à penser aux villages, ils n'ont pas envie de fréquenter des villageois)
"In the past, Indian society was unique in the extremes of which it carried the principle and practice of inequality; today Indian intellectuals appear unique in their zeal for promoting the adoption of equality in every sphere of society."
(Dans le passé, la société indienne a été unique dans ses attitudes extrêmes, à savoir qu'elle perpétuait la pratique de l'inégalité. Les intellectuels d'aujourd'hui sont très engagés dans la promotion de l'égalité dans toutes les sphères de la société.)
"The vitality of a religion depends on a continuous critique of it by its own reflective members."
(Le dynamisme d'une religion dépend de sa critique permanente par ses penseurs.)
"A civilisation that cannot accommodate a variety of traditions, seeking to maintain a jealous hold on only one single tradition, can hardly be called a civilisation."
(Une civilisation qui ne fait pas de place à une grande variété de traditions, qui vise à conserver un contrôle sur une tradition unique, ne peut pas vraiment être appelée une civilisation.)
02 novembre 2006
Anita Dube

Vous souvenez vous de cette artiste non identifiée exposée au Tri postal de Lille? Elle se nomme en réalité Anita Dube. Elle est
née en 1958 à Lucknow mais, vit et travaille à New Delhi. Historienne et critique d'art de formation, elle est devenue artiste pour que son travail devienne le véhicule d'une certaine mémoire de la société, de son histoire ou de sa mythologie.
En 1997, elle a commencé a exploré les différentes façettes du troisième oeil de l'hindouisme. L'oeil ou les yeux qu'elle utilise sont en céramique. Marginalisés ou accolés les uns aux autres, les yeux d'Anita Dube forment des compositions singulières qui invitent au questionnement. Pour moi, ce serait une interrogation sur soi et notre rapport au divin, au spirituel. Vous pouvez voir une déclinaison de ce thème sur la photo ci-dessus. Les mains jointes semblent en prière, en quête de réponses.
Après avoir été longtemps un secret bien gardé, elle est désormais, régulièrement, exposée dans les galeries du monde entier.
28 septembre 2006
Shabana Azmi

Tout le monde parle d'Aishwarya Rai et da carrière internationale. Beaucoup sembent oublier qu'avant elle une autre Indienne a su accomplir un parcours plus qu'honorable, semés de nombreuses récompenses, la plupart très prestigieuses.
Shabana Azmi est une actice de 56 ans. Son père était un poète respecté. Sa mère est actrice de théâtre. Un tel environnement familial ne pouvait que stimuler sa fibre artistique. Elle n'a pas déçu. Elle a tourné dans plus de 100 films, de genres et de nationalités très variés. Elle a beaucoup tourné pour le cinéma indépendant. Elle n'a pas échappé à la controverse non plus. La sortie de "Fire", de Deepa Mehta, dans lequel elle joue le rôle d'une femme au foyer qui développe des sentiments amoureux pour sa belle-soeur, a provoqué des réactions d'une violence extrême dans une grande partie de l'Inde.
En 1998, elle est nommée ambassadeur de bonne volonté par l'ONU. En 2002, le magazine américain "Time" la classe dans sa liste de "héros asiatiques". En plus d'être une actrice brillante, elle est une citoyenne très engagée. Elle a consacré beaucoup de temps et d'énergie à soutenir les habitants des bidonvilles, à défendre la laïcité et depuis peu, à s'inquiéter du sort des personnes âgées.
Elle est mariée à Javed Akhtar, scénariste-dialoguiste reconnu, et est la belle-même de Farhan Akhtar, réalisateur de Dil Chahta Hai (succès de l'année 2001).
Une vie et une carrière très riches. Et tout ça sans avoir eu à promettre de devenir Mère Théresa pour gagner une couronne de strass....
28 août 2006
Shobhaa Dé

Surnommée la "Jackie Collins" indienne, le nom de Shobhaa Dé a longtemps rimé avec scandale. Née en 1947 dans une famille très conservatrice, elle a été l'une première journaliste "people" du pays. Quelques années plus tard, elle lance Celebrity en solo. Le titre n'est pas rentable et Shobha se lance dans l'écritures de romans. Depuis elle a produit 10 livres, quelques scénarios de séries télévisés. Elle est surtout devenue une éditorialiste reconnue. Elle n'hésite pas à dire franchement ce qu'elle pense et prend très souvent le risque de froisser...
Je vous avais parlé de scandale. La grande dame a été l'une des premières a utiliser le "hinglish" mélange de hindi et d'anglais. Comment ce n'est pas vraiment croustillant? Bon, c'est aussi l'une des premières à avoir inclus des passages un peu osés dans ces ouvrages. Là, c'est mieux non?
Dans sa vie personnelle, elle n'a pas non plus connu une trajectoire classique. Mariée deux fois, elle est mère de six enfants dont elle parle souvent dans ses chroniques.
Pour en savoir plus:
http://penguinbooksindia.com/shobhaa_de/Author.htm
25 août 2006
Sonia Maino épouse Gandhi

(source: The Seoul Times)
Curieux destin que celui de cette femme! Née en 1946 à Orbassano, près de Turin en Italie, elle est la fille d'un entrepreneur en bâtiment plutôt prospère. On raconte que ce dernier aurait un peu flirté avec le fascisme. Chose étrange, il décide de donner des prénoms à consonance russe à chacune de ses trois filles: Sonia, Anushka et Nadia. Sonia est pourtant la préférée. On l'apelle affectueusement Cendrillon. Ne me demandez pas ce que cela donne en italien surtout!
Après une stricte éducation dans des établissements catholiques, la jeune Sonia décide de se rendre en Grande-Bretagne étudier l'anglais. Elle souhaite devenir interprète. Après avoir magistralement bravé l'opposition paternelle, nous la retrouvons inscrite dans une écoles de langues située à Cambridge. Contrairement à de nombreuses rumeurs, elle n'a jamais étudiée au sein de la prestigueuse institution.
Pendant ses études, elle vit avec une famille anglaise en tant que pensionnaire. Sonia souffre du mal du pays. Ce dernier est légèrement accentué par le chou bouilli et la panse de brebis farçie, mets oh combien délicats, qui figurent régulièrement au menu de la maisonnée. En quête de nourriture italienne, elle devra se satisfaire d'un pis-aller: le Varsity. Ce restaurant grec accueille très régulièrement un groupe d'étudiants, au nombre duquel figure le jeune Rajiv Gandhi. Et là, toutes les biographies autorisées et non-autorisées convergent: ce fut bel et bien le coup de foudre! Il faudra à Rajiv manoeuvrer habilement pour se faire présenter à la jolie Italienne de 18 ans. Ils décident très vite de se marier. 
(Tribune India)
Mais un destin indien ne se construit pas aussi simplement. Il faut respecter le scénario. Après le coup de foudre vient l'opposition des familles. Et là, étrangement, la grande Indira fond pour cette jeune personne très timide. Elle va même jusqu'à parler en français avec Sonia dont l'anglais d'alors est plutôt mauvais. Elle le maîtrise depuis parfaitement et a aussi appris le Hindi. C'est Stephano Maino, son père, qui refusera obstinément ce mariage. Le couple se sépare un an pour prouver que leur histoire est bien sérieuse. Cette année permettra à Rajiv de quitter Cambridge (sans diplôme) et de passer son brevet de pilotage. En 1968, ils s'unissent en l'absence du papa de la mariée... Obstination quand tu nous tiens.
(source: The Seoul Times)
Les debuts de Sonia en Inde sont difficiles. La vie de la résidence du Premier Ministre est rarement paisibe. Et Sonia préfère la mini-jupe au salwar. Dur, dur... Le couple vit, néanmoins, une vie assez indépendante et fréquente un groupe d'amis très restreint. Rajiv est devenu pilote chez Air India. Sonia met au monde Rahul en 1970 et Priyanka en 1972. Elle s'occupe de la maison et entretient des relations affectueuses avec sa belle-mère. Elle consacre son temps libre à la restauration de tableaux.
(Tribune India)
C'est la mort de Sanjay en 1980, dans le crash de son avion, qui change tout. Si auparavant Indira s'appuyait largement sur son fils cadet, son décès la laisse sans soutien. Elle se tourne vers Rajiv. Sonia réagit violemment et menace de divorcer. Elle finit par céder. Rajiv Gandhi intègre le parti du Congrès.
En 1984, le 31 octobre, Indira Gandhi meurt assassinée par ses gardes du corps. C'est Sonia, alors seule à la maison, qui la fait transporter à l'hôptal. Rajiv les rejoint assez rapidement. Les caciques du parti se tournent immédiatement vers lui pour assurer l'intérim. Rajiv accepte. Il est officiellement élu quelques mois plus tard. Sous son mandat, la vieille Inde se découvre dynamique et entreprenante. En 1989, son parti perd les élections suite au scandale de Bofors. Ce groupe d'armement suédois aurait organisé une opération de corruption de grande envergure pour obtenir un contrat concernant l'armée du pays. Depuis, Rajiv Gandhi a été lavé de tout soupçon.
En 1991, il décide de repartir en campagne. Il meurt le 21 mai assassinée par une kamikaze tamoule. De nouveau, le parti se tourne vers la descendante de ce qu'on appelle, désormais, la "Dynastie". Sonia refuse et se coupe de toute vie publique dès lors.
Elle fait son entrée officielle en politique en 1998. Elle devient présidente du parti du Congrès. Son retour à la vie publique n'aide pas beaucoup le Congrès qui perd ces élections. Durant la campagne, elle devra affronter plus d'une référence à ses origines étrangères et expliquer pourquoi elle n'était devenue Indienne qu'en 1983. 
(The Seoul Times)
En 2004, nouvelles élections... C'est le succès cette fois. En tant que présidente du parti, elle devrait devenir Premier Ministre. Elle décline le poste et le confie au Dr Manmohan Singh. Le gouvernement de coalition qui dirige l'Inde depuis a subit une crise importante. Dans le scandale du programme onusien "Pétrole contre nourriture", on a retrouvé le nom de Natwar Singh, ministre des affaires étrangères. Il a depuis été contraint à la démission. 
(source: Yahoo Italie)
Sonia est actuellement dans les sondages plus populaire que son premier ministre. Il paraît même que beaucoup rêvent de la voir prendre directement la tête du pays. Affaire à suivre...


